Arthur Simony, bonnes ondes garanties

L’oeuvre que nous vous présentons est une toile d’Arthur Simony, jeune artiste français actuellement visible à la galerie Lepeuve à Clichy pour sa première exposition.

Aujourd'hui je change (2017)- Arthur Simony
Aujourd’hui je change – Arthur Simony

Aujourd’hui je change

« Suis-je fou de vouloir croire que cette page arrachée détienne un pouvoir ? Oui peut-être, assurément diront certains. Peu importe.

Depuis, j’oscille entre moi et les autres, entre mes spirales et mes prières. Je les compose avec conviction, patience et ardeur comme si ma vie, leur vie en dépendait. Je voudrais que me mots soient magiques. »

Comme tout l’oeuvre d’Arthur Simony, Aujourd’hui je change , une acrylique et encre sur toile réalisée en 2017, est une réflexion sur le mot et l’écriture.

Arthur choisit généralement un mot, une expression, une citation ou une prière qu’il appose sur la toile avec son style bien particulier.

Si les mots sont visibles, ils sont si condensés que le texte dans son ensemble est quasi illisible, peut-être pour laisser au public la liberté de choisir la signification – et les vertus – qu’il accorde à l’oeuvre. Les lettres noires formant l’oeuvre sont ensuite rehaussées de couleurs vives : orange, bleu, jaune égayent ainsi la toile pour un rendu empli de poésie et de gaieté, d’une présence incontestable.

Les oeuvres d’Arthur Simony font du bien

Dans un monde où le cynisme et la grisaille envahissent les journaux et les réseaux, certains artistes préfèrent montrer le beau et ce qu’il y a de meilleur en chacun. Arthur Simony fait indéniablement partie de ces artistes.

Les oeuvres d’Arthur Simony font du bien. Non seulement à l’oeil, avec leur graphisme simple, évident et efficace, mais aussi par le message qu’elles délivrent, qu’il s’agisse de Jeanne, des Spirales, Prières ou Protections.

L’écriture a une place prépondérante dans l’oeuvre d’Arthur Simony, tout comme la figure de Jeanne qu’il intègre partout, aussi bien dans les œuvres créées dans son atelier que dans la rue. Ce portrait de femme répliqué à l’infini et à l’identique – même si chaque reproduction possède ses spécificités et est donc unique – est une référence à la muse de Modigliani, Jeanne Hébuterne, qui accompagne l’artiste dans sa vie au quotidien et dans tous ses projets.

Un langage poétique

Installé à Paris, Arthur Simony a été formé dans une école de stylisme à Bruxelles où son amour pour la ligne a rapidement pris corps. Sa première installation « La vie ne tient qu’à un fil » au coeur de la capitale a confirmé cette direction dans l’utilisation du fil, que l’artiste a depuis développé sous toutes ses formes.

Le fil forme des mots, qui constituent le langage poétique d’Arthur. Loin d’écrire des vers en alexandrins, ce dernier insuffle sa poésie dans ses oeuvres en questionnant les mots et leur sens, avec simplicité.

Drôle de hasard quand on sait qu’Arthur est si attaché à la poésie et que sa première oeuvre date de ses 17 ans. Arthur Rimbaud n’est pas loin.

Arthur Simony et l’écriture

L’écriture est au centre du processus créatif d’Arthur Simony, dans et autour de ses oeuvres. Tout est en effet prétexte à l’écriture : ce qui lui passe par la tête, ce qui l’a amené à réaliser telle ou telle toile ou dessin, ce qu’il a voulu faire passer dans son oeuvre, à tel point que ses écrits semblent indispensables à la compréhension de ses réalisations.

« Depuis quelques semaines, j’avais entrepris un exercice. J’écrivais. Je n’écrivais rien de grandiloquent. J’écrivais tout simplement pour m’affirmer, pour me convaincre que tout allait bien, pour me convaincre que j’étais quelqu’un de bien, que j’étais heureux. J’écrivais les mêmes mots, toujours, les uns après les autres « Je suis heureux. Je suis heureux. Je suis heureux. ». Ligne après ligne, j’écrivais cette phrase. »

« Alors, machinalement, j’ai sorti une feuille et un crayon de mon sac, et je me suis mis à écrire. Je relevais la tête, je buvais une gorgée de vin. Je jetais un œil furtif autour de moi et je continuais. Je ne voulais pas que l’on me remarque. Aussi, quand cet homme imposant et triste est venu s’asseoir sur le tabouret juste à côté de moi, cela m’a gêné. Je me suis senti mal à l’aise. J’ai tourné le dos, j’ai placé mon coude au-dessus de ma feuille comme le ferait un écolier qui ne veut pas que l’on regarde sa copie, et j’ai continué à écrire, d’une écriture plus serrée, plus dense, plus nerveuse. J’ai collé les mots les uns aux autres, j’ai collé les lignes entre elles si bien que toute lecture était impossible. Quand je suis arrivé en bas de la page, l’homme imposant était parti. J’ai relevé le buste, j’ai saisi ma feuille à deux mains et je l’ai tendue devant moi. J’ai observé toutes ces lignes. Un portrait en quelque sorte. L’ensemble était homogène. Je pouvais lire ce que personne ne pouvait déchiffrer, pourtant les mots étaient là, visibles par tous.

À cet instant, j’ai su. J’ai remballé mes affaires, payé mon verre et je suis rentré chez moi.

J’ai posé la page sur la petite table devant le canapé et, pendant un long moment, je l’ai regardée. Puis, j’ai pris mes marqueurs et j’ai commencé à remplir les boucles des L, à combler les O et les A, et puis les interstices, et puis j’ai fait à l’encre des lignes verticales. J’ai mis mon texte derrière les barreaux. Les lignes ont coulé. Cela m’a libéré.

J’ai continué à noircir des carnets. Je me suis resserré sur des bouts de papier et répandu sur de larges cartons pour être plus grand que je ne le suis. Et puis, j’ai choisi un mot. J’avais besoin de netteté. J’avais besoin de balayer les phrases pour ne garder qu’un mot, un seul. Un mot positif. Un mot qui serait une colonne, un mur. J’ai écrit le mot Bonheur. Je l’ai écrit avec énergie. Avec force, ligne après ligne. J’avais maintenant mon petit mur de mots. Je sentais que je pouvais m’adosser contre lui, qu’il était résistant, solide. Je me sentais bien, collé contre ce mot répété à l’infini. Bonheur, bonheur, bonheur, bonheur… Je me suis fondu en lui, je me suis laissé embrasser par lui, et glisser. J’étais dans le creux des mots. Aspiré dans ce tourbillon, je m’appliquais avec patience à ma table ou à genoux au pied de ma toile. Ma main traçait maintenant un cercle, et puis un autre, et puis un autre encore. Mes mots se répandaient en spirales noires. Je faisais le tour de moi-même, me perdais et me retrouvais, ballotté de moi à moi. J’étais dans mes profondeurs. Mes spirales de mots. »

Détails de l’oeuvre

Aujourd’hui je change (2017), d’Arthur Simony
Dimensions : 43,5 x 37,5 cm
Acrylique et encre sur toile
Prix : 1 200 EUR

Visible à la galerie Lepeuve à Clichy, parmi une quarantaine d’oeuvres d’Arthur Simony, du 9 au 22 Juin 2017.

Cher petit tableau - Arthur Simony
Cher petit tableau (2017) d’Arthur Simony, visible également chez Lepeuve

Notre avis
Arthur est un artiste que nous aimons, tout simplement. Pour les bonnes ondes qui émanent de sa personne et de ses oeuvres, pour sa poésie et pour son talent. Rencontrez-le et procurez-vous vite un dessin, une toile ou les deux à la galerie Lepeuve à Clichy !

A lire ailleurs sur Arthur Simony
• Arthur Simony nous noie sous des océans de tendresse (Beware!, février 2016)
• Vernissage Arthur Simony chez Lepeuve (Technikart, photos de Gilles Petitpas, 9 juin 2017)
• Arthur Simony (parisbouge.com, juin 2017)

Retrouvez le travail d’Arthur sur ses comptes Facebook et Instagram. Arthur présente également ses performances urbaines, devant les passants qui découvrent peu à peu son oeuvre prendre vie, sur sa chaîne Youtube.

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