Baptiste Pagani, storyboarder et illustrateur

Portrait de Baptiste Pagani - Les Lames d'Ashura
Portrait de Baptiste Pagani – ©Alexandre Paumard

Storyboarder et illustrateur, Baptiste Pagani est un jeune dessinateur officiant aussi bien dans l’univers de l’animation que dans celui de l’édition. Très prolifique, Baptiste Pagani inonde ses pages de créatures fortes et exotiques dans un trait personnel et facilement reconnaissable.
(source : BDnet)

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Bibliographie 

  • “Axolot” volume 4 – Delcourt – 2017
  • “Midnight Tales” volume 3 – Ankama – 2019
  • “The Golden Path” one-shot – Ankama – 2019
  • “Les Lames d’Ashura” one-shot – Ankama – 2021

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Interview de Baptiste Pagani

Salut Baptiste, ravi de collaborer avec toi ! J’ai quelques questions à te poser pour notre communauté.

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

J’ai 39 ans, je suis storyboarder/illustrateur de formation et auteur de bandes dessinées depuis maintenant 4 ans. J’ai travaillé sur un épisode de Doggybags (Prizon) et de Midnight Tales (Mokusatsu) et je suis l’auteur de The Golden Path, biographie fictive d’une cascadeuse dans le milieu du cinéma d’action hongkongais de la grande époque.

Je travaille principalement pour le Label 619 des éditions Ankama, avec lequel je partage beaucoup d’influences pour la culture pop, le cinéma de genre, les mangas et le jeu vidéo

Quel est ton parcours ?

Après un bac littéraire, j’ai suivi une formation de communication visuelle multimédia à l’ENSAAMA Olivier-de-Serres, au milieu des années 2000. Mon premier boulot fut roughman/storyboarder dans la publicité. J’ai exercé ce métier pendant quelques années en agence et en freelance tout en continuant à travailler de mon côté la bande dessinée, à travers du fanzinat ou de l’auto-publication sur le web. J’ai eu la chance d’être repéré par le Label619 en 2014 et j’ai pu faire mes premières armes dans la série Doggybags. J’ai également officié dans le recueil d’histoires Axolot de Patrick Baud avant d’entamer mon premier one-shot The Golden Path, toujours chez 619. Je ne travaille quasiment plus dans le milieu de la com ; je consacre les deux tiers de mon temps à la bande-dessinée. Le reste du temps j’enseigne le découpage et le storyboard dans les écoles.

Les Lames d'Ashura - Baptiste Pagani - Label 619
Les Lames d’Ashura de Baptiste Pagani – Label 619, éditions Ankama

Peux-tu nous parler de ton actualité et ta bande-dessinée Les Lames d’Ashura ?

Les Lames d’Ashura est mon deuxième oneshot chez le Label619. C’est une œuvre qui m’a demandé beaucoup de travail et d’implication. C’est un récit qui aborde les thèmes de l’héritage, de la transmission, de la famille et des liens du sang, le tout dans un univers aux multiples influences. On y retrouve des hommages aux illustrateurs et costumiers Art Nouveau comme Leon Bakst ou Georges Barbier, mais également à toute la culture manga 80/90s qui a bercé mon enfance et mon adolescence. Il y a des personnages entiers, extrêmes et lumineux dans Les Lames d’Ashura ; des femmes et des hommes qui brûlent d’ambition et vivent à 100 à l’heure. Je dirai que c’est un « Hokuto no Ken Art Nouveau ». J’aime bien cette formule, elle est difficile à imaginer mais c’est ce qui résume le mieux ce livre.

Peux-tu nous raconter comment tu as intégré le Label 619 et comment se passe cette collaboration ?

J’ai commencé à travailler pour le Label en 2015 je crois, pour la sortie du Doggybags 11 en Juillet 2016. Mes premiers dessins de BD publiés, je les ai réalisés pour Prizon, une incroyable histoire de vaudou dans une prison haïtienne, scénarisée par David Hasteda. Ça a toujours été un rêve d’intégrer le Label, car j’ai toujours été admiratif des artistes qui y étaient présents : Run, Guillaume Singelin, Neyef, Mathieu Bablet et j’en passe.

Notre collaboration s’est toujours passée à merveille, chaque échange permettant d’apprendre à se perfectionner sur les différentes techniques de la bande dessinée. Le dessin bien évidemment mais aussi et surtout la narration, l’intention, le cadrage, la mise en scène etc. Il y a une véritable volonté chez eux de travailler chaque livre dans les moindre détails, d’être ultra-exigeant dans le bon sens du terme. J’ai appris énormément à leur côté et je ne compte pas m’arrêter là.

Ce que j’aime particulièrement chez toi, au-delà de ton dessin bien entendu, ce sont tes histoires. Lorsque j’ai terminé la lecture de The Golden Path, je me suis dit « Quelle formidable héroïne ! » Tu donnes le beau rôle à des femmes fortes, tenaces et une belle évolution du personnage. J’y voie un réel parti-pris, est-ce exact ?

C’est tout d’abord né d’une obsession je pense. J’ai toujours préféré les héroïnes aux héros, je ne saurai expliquer pourquoi. Probablement parce qu’en règle générale, les femmes ont plus d’épreuves à surmonter, plus de choses à prouver dans une société encore aujourd’hui inégalitaire. Après je ne suis absolument pas sûr de savoir écrire un personnage féminin. Je préfère me dire que j’essaye de créer de « bons personnages » tout court, quel que soit leur genre.  Dans Les Lames d’Ashura il y a une cinquantaine de femmes, j’ai pu me faire plaisir à dessiner autant de visage, de corpulences et de silhouettes différentes. J’ai cette fois essayé de mettre un homme au cœur de l’histoire. Cela a donné Osman le danseur, personnage que l’on a du mal à genrer au final. Souvent les gens me disent avoir du mal à « genrer » mes héroïnes ou héros. Si certains dessinateurs pourraient le prendre comme un défaut, je trouve au contraire que c’est une piste extrêmement intéressante à creuser.

Sais-tu déjà quel sera ton prochain projet ?

Une série jeunesse avec Aurélien Ducoudray, le scénariste entre autres de The Grocery, série que j’adore ! On y parlera de salles d’Arcade et de jeux vidéo en général ; une autre de mes passions. J’ai hâte de commencer à travailler dessus !

Que représente pour toi cette exposition et collaboration avec Achetez de l’Art ?

Non seulement beaucoup de fierté mais aussi un point de départ important. Avant la bande-dessinée j’ai passé beaucoup d’années de ma vie à dessiner sur commande. Je suis extrêmement heureux désormais que les gens puissent venir voir ce que je fais en tant qu’auteur. C’est une chance inestimable.

Interview réalisée par Ludovic Monnier, responsable du département bande-dessinée en janvier 2021.

Les Lames d’Ashura – Avis et revue de presse

Les Lames d’Ashura : science-fiction, danse et pirates du rail (ComicsBlog, janvier 2021)
Des samouraïs, un titre culte et de l’aventure : voilà les 10 meilleures BD de janvier (Kombini, février 2021)
Les Lames d’Ashura (Les Comics, février 2021)
Les lames d’Ashura, les fines larmes de la steppe (Bubble, février 2021)

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