Un photographe passionné, talentueux et attachant

Pierre-Elie de Pibrac, dont les oeuvres Catharsis 17 et Catharsis 20 ainsi que le projet Desmemoria ont déjà été présentés sur Achetez de l’Art, est un photographe français né en 1983, qui parcourt le globe depuis plus de 10 ans pour réaliser ses projets photographiques exceptionnels.

Pierre-Élie de Pibrac - Dominique Renson
Portrait du photographe Pierre-Élie de Pibrac chez Dominique Renson, lors d’un rendez-vous du club Achetez de l’Art

Oeuvres de Pierre-Elie de Pibrac en vente sur Achetez de l’Art

Passionné et fin connaisseur des techniques photographiques – quitte à fabriquer ses propres chambres ou à inventer une prise de vue pour magnifier son sujet (voir sa série Catharsis), il se montre toujours très pertinent dans ses prises de vues et attache un soin tout particulier au tirage et à l’encadrement de ses photographies, pour un rendu toujours stupéfiant.

« Je ne prends mon appareil photo que pour raconter une histoire »

Pierre-Elie de Pibrac est l’héritier artistique de son grand père, Paul de Cordon. Ses premiers reportages photo datant de 2007, à Cuba puis en Birmanie, lui valent tout de suite des prix, parmi lesquels Paris Match, Orange et SFR, lui permettant aussi d’intégrer l’agence Vu’.

Le déclic a lieu lors de son premier grand projet, American Showcase en 2010 aux États-Unis, qui donnera notamment lieu à un film où Pierre-Élie de Pibrac interroge des passants à New York, avec des questions sur leur vie, leurs aspirations, leur comportement et leurs rêves.

Une des particularités de Pierre-Elie de Pibrac est de ne pas se cantonner à un seul genre photographique dans ses projets. Il cherche à raconter une multitude d’histoires dans le cadre général d’une histoire, et c’est ainsi qu’il présente systématiquement trois séries par projet, qui se complètent et forment un tout.

Ses photo-reportages sont le fruit de rencontres et d’une préparation méticuleuse. Le photographe s’immerge dans la culture du pays bien avant son départ, installe des coïncidences pour lui permettre d’être ouvert à la rencontre et se laisser aller à des possibilités.

Il voyage toujours avec sa femme et leurs enfants, et de cette façon garde ses repères. Le point de vue d’Olivia a une forte influence sur son travail et leurs discussions, débats et partages sont essentiels à la réalisation de ses œuvres. Chaque projet est un partage de leurs points de vues. Olivia prend également part à l’écriture de chaque livre.

Cette pratique de la photo est viscérale pour Pierre-Elie, et rend son œuvre emplie d’humanité.

Dans sa démarche artistique, il ne cherche pas à capter l’instantanéité mais l’histoire : « la photographie doit raconter une histoire, sinon j’ai l’impression de la tuer. Je ne prends mon appareil photo que pour raconter une histoire ».

Une parfaite maîtrise des techniques photographiques

Pierre-Elie de Pibrac est admiratif du travail de Robert Doisneau, Saul Leiter ou Jeff Wall, pour ne citer qu’eux. Il éprouve très souvent une frustration lors de son cadrage, qu’il ajuste au maximum avant la prise de la photo, car il perçoit plusieurs images en une seule. Mais le fait d’appréhender la photographie comme une peinture lui permet de se positionner et visualiser son résultat final, sans avoir par la suite à le recadrer.

La série In Situ, dans les coulisses de l’Opéra de Paris est notamment un hommage à son grand-père, lui-même ayant un très bel œil et sachant magnifier des choses communes comme nous pouvons le ressentir dans son ouvrage Instant de cirque. À noter que Pierre-Elie utilise encore l’Hasselblad de son grand-père pour certains projets !

Pierre-Elie de Pibrac se renouvelle perpétuellement. Pour son projet Real Life Super Heros, il photographie des hommes en tenue de super-héros dans les rues de New York qui, ne bénéficiant pas d’aides sociales, n’ont que leur tenue pour s’en sortir. Le choix de matériaux bruts comme support des photographies du projet est un écho aux quartiers dans lesquels ces hommes évoluent.

Pour son projet Desmemoria à Cuba, l’artiste témoigne une nouvelle fois de de la condition des oubliés : les ouvriers du sucre. Dans sa série des Guajiros, Pierre-Élie a photographié à la chambre des cubains issus de la culture des champs de canne à sucre, avec en filigrane des phrases de discours de Fidel Castro ayant façonné leur destin, confondus dans le portrait pour en faire définitivement partie.

Le tirage des oeuvres de Pierre-Elie de Pibrac est évidemment un moment clé, qui lui permet d’objectiver son travail en y recherchant une cohérence parfaite. Il travaille en parfaite harmonie avec le tireur argentique Thomas Consani, du laboratoire Dupon Phidap à Paris (18e), pour des tirages, tous uniques, de ses œuvres. Les membres du club Achetez de l’Art ont eu la chance d’assister il y a quelques semaines à une démonstration de ce savoir-faire et en sont sortis bluffés !

Les recherches de Pierre-Elie de Pibrac et de Thomas Consani vont évidemment jusqu’au choix du papier, et ces derniers ont réussi à trouver pour Desmemoria un papier mat, volontairement fantomatique, renforçant le sentiment de désertion des villages producteurs de canne à sucre.

Dans le cadre de son nouveau projet au Japon, alors qu’il vient à peine d’arriver sur place, de nombreuses expériences ont déjà été effectuées pour décider du papier et de la technique de tirage, en déposant par exemple de la gélatine d’argent au contact de la lumière. Ce qui importe principalement à Pierre-Elie de Pibrac est que l’image ne soit pas esthétisée sans raison. C’est certainement pourquoi nous percevons, dans chacune de ses œuvres, un regard si particulier servi par un procédé en avance sur toutes les propositions actuelles.

Un livre pour chaque projet

Chaque projet de Pierre-Elie de Pibrac se concrétise par l’édition d’un livre, qui intervient plusieurs mois après son voyage, fort du recul nécessaire sur son expérience.

Il travaille désormais avec maison d’édition Xavier Barral, qui a édité son dernier livre Desmemoria dont Zoé Valdès, célèbre écrivain cubaine, a rédigé la préface.

L’oeuvre de Pierre-Elie de Pibrac est unique et déjà reconnu. Finaliste du festival Voies Off de Arles en 2019 et lauréat du Prix Levallois pour la photographie en 2018 pour son projet Desmemoria, son succès dépasse nos frontières avec des expositions à La Havane pour Desmemoria, ou à Miami et récemment au CHANEL Nexus Hall de Tokyo pour son projet In Situ.

Son nouveau projet au Japon, pour lequel l’aventure a commencé il n’y a que quelques semaines, dans un contexte particulièrement compliqué, est évidemment très attendu.

Portrait de Pierre-Élie de Pibrac chez Dupon Phidab
Portrait de Pierre-Elie de Pibrac réalisé chez Dupon Phidap en décembre 2019, quelques jours avant son départ pour le Japon

Interview de Pierre-Elie de Pibrac : Merci à Frank Puaux de The Art Storyteller pour ce très beau montage !
Musique : Royalty free Music by Giorgio Di Campo for FreeSound Music
http://freesoundmusic.eu https://youtube.com/freesoundmusic
original video: https://youtu.be/e_d_jGb65XU

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