[Conseils]

Par Me Ophélie Dantil, avocat

Jeune collectionneur ?
Une future collectionneuse devant une photo de Pierre-Elie de Pibrac

Profil, motivations, domaines de prédilection, usages : le collectionneur d’art d’aujourd’hui… et de demain¹

Le collectionneur type est un homme, d’âge mur, ayant suivi des études supérieurs et qui exerce une activité professionnelle sous le statut d’indépendant ou qui dirige sa propre entreprise. Il vit en couple, sans enfant. La plupart des objets qu’il achète ont vocation à décorer son intérieur : tableaux en priorité, œuvres sur papier, photographies et enfin sculptures, plus rarement des installations ou des vidéos.

Le collectionneur proche de la quarantaine s’intéresse surtout à l’art contemporain mais, dépassant la soixantaine, il se tourne vers les œuvres anciennes.

La motivation première du collectionneur est avant tout d’assouvir sa passion pour l’art, posséder de beaux objets, développer ses connaissances dans ce domaine.

Il s’informe avant d’acheter, au sein d’un club de collectionneurs, notamment à l’occasion de foires d’art, d’exposition, par le biais de la presse et par Internet.

Trois profils type : passionné, traditionnaliste, investisseur

Les passionnés collectionnent pour s’enrichir personnellement et les traditionnalistes perpétuent une tradition familiale. Ils achètent essentiellement dans les galeries ou directement à l’artiste. Toutefois, une bonne majorité a déjà acheté des œuvres en ligne. Ce profil type s’intéresse plus à l’artiste lui-même qu’à la cote des œuvres.

Les investisseurs, quant à eux, entrevoient leur collection comme un moyen de diversification de leur patrimoine au même titre qu’un portefeuille de titres ou que l’immobilier. Ils mettent avant tout l’accent sur le maintien et l’accroissement de sa valeur. C’est une marque de réussite sociale, ils s’intéressent aux œuvres en fonction de certains critères tels que leur cote et leur évolution. Les investisseurs sont légèrement moins portés sur l’art contemporain et ils ont une nette préférence pour les tableaux. Ils se sentent moins « experts » que les précédents et ne s’appuient que très rarement sur les qualités intrinsèques des œuvres pour monter leur collection. Ils préfèrent collectionner des objets rares ou originaux dont la cote est déjà bonne et qui sera susceptible d’augmenter. Les investisseurs visitent moins fréquemment les foires et les ateliers d’artistes. Beaucoup achètent des œuvres d’art en ligne ; ils sollicitent les conseils de consultants en art et le web constitue leur principale source d’information : nouvelles tendances du marché de l’art, suivre la valeur actuelle et la cote de certaines œuvres d’art…

Généralisation de l’achat d’art en ligne, grâce à une confiance accrue

Depuis quelques années, l’achat en ligne s’est nettement démocratisé et n’exclut pas les collectionneurs âgés de plus de 65 ans, dont plus de la moitié déclarent avoir acheté des œuvres d’art directement en ligne et 82% avoir acquis un objet d’art en consultant uniquement une image numérique.

On constate en outre une réelle confiance accordée par les acheteurs actuels aux plateformes de vente d’œuvres d’art en ligne.

Et de plus en plus de trentenaires deviennent collectionneurs par ce vecteur là. Au surplus, la moitié des collectionneurs interrogés visitent des sites Internet dédiés à la vente d’objets d’art et de collection au moins une fois par semaine.

Les acheteurs d’art en ligne affichent une préférence marquée pour les œuvres uniques telles que les tableaux : 13% ont acheté des tableaux de moins de 500€, 13% ont en moyenne déboursé entre 500€ et 1 000€ par œuvre d’art, 45% ont acquis des objets dans une fourchette de prix de 1 000€ à 10 000€ et 19% de 10 000€ à 50 000€, tandis que 10% ont dépensé en moyenne plus de 50 000€.

Les reproductions à tirage limité sont très prisées des nouveaux collectionneurs, tandis que les photographies jouissent d’une popularité croissante et les sculptures ne sont pas oubliées. Notons que les arts liés aux nouveaux médias et aux technologies numériques (vidéo, art numérique, etc.) n’en sont qu’à leurs balbutiements, mais devraient gagner en attrait auprès des jeunes acheteurs.

¹ D’après une enquête mondiale sur les collectionneurs effectuée en ligne sur  janvier/février 2015 menée par AXA ART, et le rapport sur le marché de l’art en ligne 2015 publié par l’assureur spécialiste Hiscox

Me Dantil, avocat - fiscalité du marché de l'art
Me Ophélie DANTIL Maître Ophélie Dantil sur Linkedin
Avocat associé, droit fiscal et droit du marché de l’art

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Une pensée sur “Portrait d’un collectionneur”

  1. Région
    J’ai toujours créé sculptures et tableaux je me suis aperçu que pour vendre c’est plus facile dans les grandes capitales pas forcément pour le monde qui passe devant les œuvres mais cela donne aux collectionneurs une plus value virtuelle ; c’est beaucoup plus dur de vendre en province, c’est mieux de dire j’ai acheté un Gino ruggeri à Paris qu’à Trifoully les Oies !!

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