Piranèse : l’architecte d’ombre et de lumière

Il n’y avait sans doute pas de plus grand amoureux de Rome que Piranèse. Fasciné par les ruines antiques comme par les architectures grandioses du baroque, l’artiste n’a eu de cesse de mettre en scène la ville, y laissant toujours une place pour sa fantaisie troublante.

Piranese - Le palais Barberini à Rome, 1749
zoom Zoom sur la gravure de Piranèse

Un graveur de la ville au siècle des lumières

Arrivé de Venise en 1740, ayant suivi des études qui le destinaient à l’architecture, il étudie la gravure auprès de Giuseppe Vasi, alors pourvoyeur des Vedute (Vues) à tous les esthètes venus faire le grand Tour, les premiers touristes. Ces Vedute, descriptions d’une extrême précision de paysages urbains, foisonnent dans l’Italie du 18e, et Piranèse leur apporte la singularité qui a fait de lui l’un des plus grands graveurs du XVIIIe siècle.

Un sujet classique… empreint de mystère

Le palais Barberini, aujourd’hui musée des arts anciens – un des plus importants musées de Rome, consacré à la peinture des XIIIe-XVIIIe siècles – fut l’une des nombreuses commandes d’Urbain VIII, pape apôtre des merveilles de la contre-réforme et commanditaire récidiviste du Bernin.

  • Détails de la façade du palais Barberini par Piranèse

Un siècle après sa construction, Piranèse en capture les moindres détails : la superposition des ordres, les frises ornementales, les jeux d’ombre…

Et c’est justement dans ce semblant d’exactitude photographique que les détails viennent perturber la contemplation. Une ombre surgit sur la façade, dont on ne connait pas la source, et vient envelopper une figure isolée. D’autres personnages se dressent sur une obélisque égyptienne brisée au premier plan, mais qui n’a sans doute jamais été vue par qui que ce soit d’autre que l’artiste.

La ligne frénétique de l’eau-forte, donnant tout le relief de l’œuvre, finit d’élaborer cette atmosphère d’inquiétude paisible : le marbre vibre, les figures humaines s’allongent, filandreuses, comme dans un sursaut maniériste.

L’épreuve exposée et mise en vente à la galerie date du vivant de l’artiste, comme l’indiquent les précisions dans la lettre sur le lieu de vente et le prix de la gravure. L’encrage dense et la précision de l’impression en font une très belle épreuve, considérée bien supérieure aux nombreuses réimpressions françaises du XIXe siècle, lorsque Piranèse, après avoir inspiré les néoclassiques grâce à ses vues d’architecture, fut reconsidéré par la nouvelle génération romantique comme précurseur par ses visions.

Détails de l’oeuvre

Le Palais Barberini à Rome
de Giovanni Battista Piranesi (1720-1778)
« Veduta sul Monte Quirinale del Palazzo dell’ Eccellentissima Casa Barberini. Architettura del Cavaliere Bernino », 1749
De la série des Vues de Rome (1747-1778)
2e état sur 5 : Édition romaine du vivant de l’artiste, avec l’adresse et le prix
Technique : Eau-forte sur papier vergé épais
Dimensions : 40,5 x 60,5 cm (feuillet : 54 x 74,5 cm)
Prix : 1 500 EUR

Notre avis
Cette très belle pièce aux nombreux détails, d’une référence absolue de la gravure ancienne, d’époque et en très bon état, est proposée à la vente par un des plus grands spécialistes de l’oeuvre de Piranèse : à ajouter sans hésiter à votre collection !

Rendez-vous sur le site de la galerie Collin Estampes pour acquérir cette gravure exceptionnelle ou l’une des autres pépites de son catalogue. Nous vous recommandons également, si vous en avez la possibilité, de vous rendre à la galerie à Paris pour y découvrir l’impressionnant choix d’oeuvres de qualité que Christian Collin a su réunir et qu’il vous présentera avec passion.

Galerie Collin Estampes
Gravures – Estampes
Dessins – Photographies
11 rue Rameau
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(33) 1 45 44 62 28
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