Une oeuvre d’Abie Loy Kemarre présentée par Stéphane Jacob, expert en art aborigène

Stéphane Jacob, de la galerie Arts d’Australie – Stéphane Jacob, que vous retrouverez dans notre guide pour acheter de l’art en galerie, est un grand spécialiste de l’art aborigène. Il nous présente Bush Leaf, oeuvre majestueuse de l’artiste Abie Loy Kemarre à découvrir sur son stand A2 à Art Paris Art Fair 2017.

Retrouvez Stéphane Jacob – Galerie Arts d’Australie à Art Paris Art Fair 2017 et dans notre guide pour acheter de l’art en galerie.

 

Stéphane Jacob :

« Bienvenue sur mon stand à Art Paris Art Fair où je présente de l’art australien aborigène ; je vous présente notamment le travail d’une artiste que j’affectionne particulièrement, Abie Loy Kemarre.

Abie Loy est une jeune femme extraordinaire née dans les années 70 ; elle a appris à peindre auprès de sa grand-mère Kathleen Petyarre qui était une artiste aborigène de très grand renom. Abie a donc appris cette technique de peinture très fine, extraordinaire, qui relate des épisodes du temps mythique du rêve. Pour les aborigènes, tout repose sur cette relation à l’environnement : cette relation aux ancêtres totémiques, on parle donc de ce temps de la création, de ce temps particulier, ce fameux temps du rêve. Ce sont ces chemins qui ont été créés, suivis par les ancêtres et qui ont donné corps à toute la mythologie aborigène. Lorsqu’un aborigène naît quelque part, il va sur le lieu de passage d’un ou de plusieurs ancêtres ; il va donc hériter d’une ou de plusieurs histoires, toujours associées à ces figures ancestrales.

Dans le travail d’Abie Loy, elle a pris un chemin tout à fait particulier, un chemin associé à une plante médicinale et dans ses peintures elle a différents styles, celui-ci est le plus extraordinaire : cette feuille du bush, peinte ici juste à partir d’une petite goutte de peinture qu’elle va ensuite délayer, tirer pour donner cette sensation absolument extraordinaire, presque cosmique.

La peinture aborigène est toujours une peinture aérienne, on est dans une vision aérienne. Et donc on imagine être au-dessus de l’oeuvre, plongés dedans, presque au bord d’un précipice et pris dans l’abîme de la toile, ou bien au contraire portés, il y a le double effet.

Abie a de très nombreux styles, celui-ci est le plus floral, mais elle peint aussi des représentations, et j’ai des exemples sur le stand, d’oeuvres de peintures corporelles, ces peintures que les femmes s’apposaient sur le corps pour se préparer à des danses cérémonielles. J’ai notamment une très belle peinture bleue qui donne tout ce mouvement du corps pendant la danse et qui est l’une des caractéristiques du travail d’Abie Loy Kemarre.

Sur l’ensemble de mon stand, vous y découvrirez également des œuvres de la terre d’Arnhem tout à fait au nord de l’Australie, notamment ces esprits ancestraux qu’on appelle les esprits Mimih et les Yawkyawk. Les esprits Mimih vivent dans les escarpements rocheux de la terre d’Arnhem tout à fait au nord de l’Australie ; ils vivent dans les failles des rochers et ils ne sortent que la nuit pour aller chasser leur nourriture. Ce sont des ancêtres tout à fait sympathiques, avec un corps très allongé, très filiforme. Certains esprits ont des jambes, ce sont les esprits Mimih ; lorsqu’ils ont une queue de poisson ce sont des sirènes, les sirènes Yawkyawk. Alors elles, elles ont une autre histoire, ce sont des sirènes, lorsqu’elles ont faim elles se laissent pousser des jambes, deviennent jeunes filles et se retransforment ensuite, après s’être rassasiées, en sirènes.

Dans le monde aborigène, notamment dans la culture du désert, on est évidemment en relation intense avec les éléments. L’une de mes artistes Lilly Kelly Napangardi, évoque le vent sur les dunes de sable, le vent qui a forgé ces dunes de sable et on voit dans son tableau un travail point à point d’une délicatesse absolument extraordinaire, travail très minutieux et poétique, très onirique.

Dernier élément de ce stand, ce sont les sculptures réalisées en filets de pêche abandonnés, ce qu’on appelle les filets fantômes, les ghostnets. On voit dans le nord de l’Australie depuis quelques années un drame écologique que sont ces filets abandonnés par les chalutiers et qui dérivent sur des milliers de kilomètres depuis la mer de Timor vers la grande barrière de corail balayant ainsi les côtes de l’Indonésie et de la Papouasie-Nouvelle-Guinée et tuant tout sur leur passage notamment les requins, les dugongs mais encore les tortues marines.

Les aborigènes récupèrent sur leurs rivages des tonnes de filets et ont décidé depuis quelques années d’alerter l’opinion publique en créant des œuvres sous forme d’animaux marins que ce soit poissons ou méduses, et je présente prochainement à l’aquarium de Paris une grande exposition sur ces animaux en filets de pêche abandonnés.

Après Art paris Art Fair vous pourrez me retrouver chez moi, en galerie appartement, vous avez toutes les informations sur mon site. »

Zoom sur l’oeuvre Bush Leaf d’Abie Loy Kemarre. :

Détail de l’oeuvre d’Abie Loy Kemarre présentée sur le stand de Stéphane Jacob à Art Paris Art Fair 2017